Timbre à date 1er jour
| Description | Pierre de Bourbon présenté par Saint Pierre, œuvre du Maître de Moulins. Sa réalisation la plus connue est le triptyque de la cathédrale de Moulins |
| Commentaire | Émis en octobre 1972, le timbre Le Maître de Moulins – Pierre de Bourbon présenté par saint Pierre s’inscrit dans la tradition française de mise à l’honneur des chefs-d’œuvre de la peinture ancienne à travers la gravure philatélique, en donnant une visibilité nouvelle à une figure majeure mais encore énigmatique de la fin du XVe siècle. Le Maître de Moulins, actif entre environ 1480 et 1500, demeure l’un des artistes anonymes les plus fascinants de l’histoire de l’art français, identifié par un corpus cohérent d’œuvres liées à la cour des Bourbons et notamment à la cathédrale de Moulins. Le timbre reproduit l’un des volets d’un triptyque conservé au musée du Louvre, représentant Pierre II de Bourbon agenouillé, présenté par saint Pierre, composition peinte vers 1492. Ce choix iconographique renvoie autant à la dévotion personnelle du commanditaire qu’à l’affirmation discrète de son rang et de son rôle politique. Pierre de Bourbon, époux d’Anne de France dite Anne de Beaujeu, fut l’un des personnages clés de la régence exercée après la mort de Louis XI, période durant laquelle le couple gouverna le royaume au nom du jeune Charles VIII. L’œuvre originale se distingue par un naturalisme sobre et pénétrant, loin de l’idéalisation courtoise, qui confère au visage du duc une présence presque rustique, accentuée par la richesse mesurée du costume et par le collier de l’ordre de Saint-Michel, récemment créé. Le paysage de fond, évocation fidèle du Bourbonnais, participe de cette volonté d’ancrage dans une réalité provinciale concrète, caractéristique de l’art du Maître de Moulins, souvent rapproché de la sensibilité flamande tout en affirmant une identité française marquée. Gravé en taille-douce par Robert Cami, le timbre adopte un grand format vertical qui permet de restituer la complexité chromatique et la profondeur spatiale de la composition originale, tout en respectant la rigueur du dessin et la subtilité des expressions. Cette émission ne se limite pas à un hommage esthétique : elle souligne également l’importance du mécénat des Bourbons dans l’épanouissement d’une école picturale de la fin du Moyen Âge, à la charnière de la Renaissance. En diffusant largement cette image, la philatélie contribue ainsi à faire connaître au grand public un peintre sans nom mais à l’œuvre immédiatement reconnaissable, dont la précision descriptive et la force psychologique continuent de nourrir la recherche et l’admiration. Article rédigé pour WikiTimbres |
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