Timbre à date 1er jour
Conçu par : Sophie Beaujard
Information
Ce timbre n'est pas encore émis, le visuel et les infos peuvent être erronés.| Description | Émission d'un timbre à l’effigie d’Hubertine AUCLERT, pionnière de l’histoire du mouvement des droits des Françaises. Considérée comme la première suffragette française, elle milita en faveur des droits politiques des femmes toute sa vie. |
| Commentaire | Il y a des colères qui ne font pas de bruit, mais qui durent toute une vie. Celle d’Hubertine Auclert naît d’une lecture, un jour de 1873, lorsqu’une jeune femme du Bourbonnais tombe sur une lettre de Victor Hugo dénonçant l’injustice faite aux femmes. À partir de là, quelque chose se met en marche, et ne s’arrêtera plus. Hubertine Auclert quitte sa terre natale pour Paris avec une idée fixe : si les femmes sont exclues de tout, c’est parce qu’on leur refuse le droit de vote. Pour elle, tout part de là. Sans ce droit fondamental, impossible de peser, de décider, d’exister politiquement. Elle le répète, elle l’écrit, elle le martèle dans La Citoyenne, le journal qu’elle fonde et dans lequel elle emploie un mot encore rare, presque suspect : « féministe ». Pas pour provoquer, mais pour nommer un combat. Elle ne se contente pas de tribunes ou de discours bien rangés. Empêchée de s’inscrire sur les listes électorales, elle refuse de payer ses impôts : « Je ne vote pas, je ne paie pas ». Le geste semble simple, il est explosif. Elle organise des actions symboliques, parfois spectaculaires, comme cet autodafé du Code civil lors de son centenaire, ou cette irruption dans un bureau de vote pour renverser ce qu’elle appelle « l’urne du mensonge ». Les moqueries pleuvent, le sobriquet de « suffragette française » lui colle à la peau. Elle avance quand même. Après un séjour en Algérie, elle revient en France, reconstitue son groupe, multiplie les pétitions, réclame qu’on féminise la langue. En 1910, elle se présente même aux élections législatives, bien qu’inéligible. Le résultat importe peu. Le message, lui, est clair. Elle a réussi à imposer le suffragisme dans le débat public, à forcer la République à regarder ce qu’elle excluait. Quand Hubertine Auclert meurt en 1914, les Françaises n’ont toujours pas le droit de vote. Il faudra attendre 1944. Trente ans plus tard. Mais sans cette obstination précoce, presque inconfortable, l’histoire aurait sans doute pris plus de temps encore. Certaines luttes avancent lentement, mais laissent des traces profondes. Article rédigé pour WikiTimbres |
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