Franchises, surcharge FM ou F (1901–1948)
Les timbres de franchise surchargés « FM » ou « F » constituent l’un des ensembles les plus caractéristique de l’administration postale française du premier XXᵉ siècle. Conçus pour garantir la gratuité ou la réduction du port pour certaines catégories de correspondants — principalement les militaires, blessés, prisonniers ou personnels assimilés — ces timbres témoignent d’un dispositif logistique complexe où la poste doit absorber des volumes considérables tout en maintenant une traçabilité stricte. La surcharge « FM » s’impose dès le début du siècle pour distinguer clairement les courriers bénéficiant d’un régime particulier. Ces lettres circulent dans un cadre réglementé : l’absence de taxe n’exclut ni le contrôle, ni l’obligation de justifier la qualité du bénéficiaire. Les timbres de franchise évitent ainsi l’utilisation frauduleuse des timbres ordinaires et permettent aux bureaux de gérer rapidement les flux liés aux mobilisations successives, notamment durant la Première Guerre mondiale. La variété des supports est remarquable. Selon les périodes, la surcharge « FM » ou « F » est appliquée sur plusieurs types d’émissions courantes, ce qui introduit des différences d’aspect sensibles : épaisseur du caractère, encrage, positionnement parfois approximatif ou décentré. Ces détails, longtemps considérés comme anecdotiques, deviennent aujourd’hui des éléments d’étude à part entière, appréciés pour leur capacité à identifier des tirages ou des manipulations de feuilles spécifiques. Les usages postaux sont tout aussi instructifs. Les plis affranchis en franchise témoignent de la mobilité des troupes, de la présence de bureaux temporaires, et des circuits postaux adaptés aux zones de conflit. Les correspondances de convalescents, d’internés civils ou de personnels auxiliaires constituent un pan souvent négligé mais pourtant essentiel de l’histoire postale. Cet ensemble, relativement modeste en apparence, condense plus de quarante ans d’évolutions administratives, de pratiques militaires et de techniques d’impression. Il demeure aujourd’hui un excellent terrain d’étude pour les collectionneurs souhaitant comprendre la relation étroite entre politique, logistique et production philatélique. |
Variétés / technique
Les décalages de surcharges : un sujet sous-estimé |
Marché philatélique
Les cartes postales affranchies 1900–1910 repartent à la hausse |
Le Type Mouchon (1900–1903), l’émission charnière du tournant du siècle
L’émission dite « Type Mouchon » constitue l’un des ensembles les plus structurés du début du XXᵉ siècle. Sa conception répond à deux impératifs simultanés : moderniser l’apparence des timbres d’usage courant et accompagner la réorganisation tarifaire engagée à partir de 1900. Le résultat est une série dense de 14 valeurs, couvrant l’intégralité des besoins postaux — du 1 centime pour les imprimés au 1 franc destiné aux affranchissements lourds et internationaux. L’ensemble du groupe présente une cohérence graphique marquée : encadrement symétrique, allégement volontaire de l’iconographie, lisibilité renforcée des faciales. Ces choix traduisent une volonté administrative de simplification après les dernières années du Type Sage, jugé plus chargé et parfois confus pour les usages rapides en guichet. Les valeurs intermédiaires — 4c, 5c, 10c, 15c, 20c et 25c — illustrent cette recherche de clarté en répondant précisément aux nouveaux besoins tarifaires des correspondances ordinaires, cartes postales et imprimés. Sur le plan technique, les tirages typographiques du Mouchon offrent une variété d’états particulièrement riche. L’usure des galvano produit des affaiblissements de cadres, des affaissements ponctuels de fond et des micro-différences de hachures qui permettent aujourd’hui d’identifier des séquences de tirages distinctes. Les nuances du 10c bleu et du 15c lilas sont parmi les plus étudiées : elles résultent du renouvellement irrégulier des encres et du nettoyage variable des formes d’impression. Les usages sur lettre confirment l’importance de cette série dans la vie postale de l’époque. Les combinaisons de faciales s’observent abondamment, en particulier dans les correspondances commerciales. Les affranchissements mixtes Sage/Mouchon restent très recherchés : ils témoignent de la transition progressive entre les stocks anciens et la nouvelle émission. Les valeurs hautes — 50c, 75c et 1 franc — illustrent quant à elles la montée en charge des relations internationales et la diversification des flux postaux du début du siècle. Par sa densité, sa variété et son rôle de pivot entre deux périodes postales, le Type Mouchon demeure aujourd’hui une série essentielle pour comprendre l’évolution de la philatélie française à l’aube des années 1900.
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Technique
Variations d’encrage sur les typographies du début XXᵉ |
Marché / tendances
Hausse des plis recommandés avant 1914 |
Les émissions de crise de 1870–1871 (Bordeaux & Siège)
L’année 1870 marque une rupture profonde dans l’histoire postale française : les circuits de production sont désorganisés, Paris est isolé, et l’administration doit improviser pour maintenir un service minimal. Les timbres de Bordeaux et du Siège — réunis dans ce groupe — incarnent cette période où la poste fonctionne sous contrainte, entre urgence matérielle et adaptation politique. Les timbres imprimés à Bordeaux se distinguent par leurs clichés affaiblis, leurs légendes parfois tremblées et leurs nuances irrégulières, conséquence directe des conditions d’impression improvisées. Ce sont des timbres « de nécessité », dont les variations d’aspect, loin d’être des défauts, constituent aujourd’hui un champ d’étude essentiel : épaisseur inégale des traits, usure des cadres, nuances très dispersées selon les feuilles. À Paris assiégé, l’administration rétablit une production rudimentaire. Les timbres du Siège présentent un style plus régulier que ceux de Bordeaux, mais restent marqués par les contraintes du moment : encrage instable, tirages courts, et circulation limitée en raison de l’enfermement de la ville. Ces valeurs d’usage général racontent, à travers leur simple impression, la résilience de la structure postale malgré l’encerclement. Ensemble, les émissions de Bordeaux et du Siège constituent un corpus d’une grande richesse historique. Plus qu’une série philatélique, elles sont un témoignage direct du fonctionnement d’un pays en crise, où l’outil postal se réinvente pour continuer d’exister malgré la guerre et la fragmentation du territoire.
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La seconde Cérès (1871) : le retour d’un emblème républicain
L’émission dite « Seconde Cérès » marque le retour de la figure républicaine après les mois d’interruption liés au conflit de 1870. Produits à l’Atelier des Timbres-Poste dans un contexte matériel très dégradé, ces timbres témoignent d’une période de transition où l’administration cherche à rétablir une normalité postale. Le procédé d’impression reste celui de la typographie, avec des galvano déjà éprouvés par les séries antérieures, ce qui explique la fréquence des cadres affaiblis, des écrasements localisés et des décalages d’axes.
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Technique
ncre et typographie : étude sur la stabilité des impressions avant 1900 |
Marché philatélique
Les ventes d’automne confirment le retour des classiques français |
Un rappel sur les timbres préoblitérés : un univers souvent méconnu
Les timbres préoblitérés font partie des catégories les plus pratiques… mais aussi les moins explorées par les collectionneurs débutants. Ces timbres, longtemps considérés comme “secondaires”, gagnent aujourd’hui en intérêt, notamment grâce à leurs tirages plus restreints et à leur usage spécialisé. Une bonne occasion d’y jeter un coup d’œil et, pourquoi pas, de compléter une série oubliée ! |
Retour sur les timbres Marianne : un repère de l’histoire postale moderne
Figure incontournable du courrier français, la Marianne a connu de nombreuses interprétations depuis 1944. Les collectionneurs apprécient particulièrement les variétés d’impression et les usages postaux rares : affranchissements mixtes, destinations exotiques, ou plis recommandés atypiques. Avec l’arrivée de nouvelles émissions et l’évolution des modes d’impression, les Marianne forment aujourd’hui un terrain d’étude passionnant… même pour les philatélistes confirmés ! |
Cérès 1849-1850 : les premiers timbres de France, un patrimoine inestimable
Emis entre 1849 et 1850, les timbres Cérès constituent la première série de l’histoire postale française. Leur dessin, inspiré de la figure de la déesse Cérès gravée par Jacques-Jean Barre, marque la naissance de la philatélie nationale. Aujourd’hui encore, ils restent parmi les pièces les plus symboliques et les plus étudiées : nuances, impressions, états de planches, variétés… les possibilités d'expertise sont presque infinies. Leur charme provient autant de leur esthétique néoclassique que de leur rôle fondateur. Pour cette actualité, nous mettons en avant l’ensemble du groupe afin que chacun puisse : Groupe : Cérès 1849-1850(12 timbres) |
Les 48 timbres français les plus recherchés en 2025 (avec cotes approximatives)
Le marché français continue d’être porté par trois grandes familles :
Cette liste présente 48 timbres très recherchés, avec informations historiques, techniques et cotes approximatives. 1. Les Classiques Cérès et Napoléon (1849–1870)Premiers timbres de France, ils sont imprimés en typographie à partir de planches fragiles, d’où nombreuses variations. Cérès 1849–1850
Napoléon III (non dentelé puis dentelé)
2. La série Sage (1876–1900)Première longue série républicaine, gravée par Louis-Eugène Mouchon.
3. Les émissions de Bordeaux (1870–1871)Imprimées localement pendant le siège de Paris. Les impressions sont crues, irrégulières, très variées.
4. Variétés et erreurs du XXᵉ siècle
5. Semi-modernes gravés (1930–1950)Période d’excellence de la taille-douce française (R. Gandon, H.-L. Cheffer, P. Albert).
6. Grands formats de poste aérienne (1930–1960)
7. Modernes recherchés (2000-2020)
8. Timbres d’artistes et émissions d’art
Pourquoi ces timbres attirent-ils encore en 2025 ?
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Actualité : Hausse des tarifs d’affranchissement au 1ᵉʳ janvier 2026 : un repère incontournable pour les collectionneurs
À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, les tarifs postaux français connaîtront une hausse moyenne de 7,4 %, selon l’annonce de La Poste en juillet dernier. Pour la collection philatélique, cet ajustement marque un cap : il affectera notamment les tarifs correspondant à certains timbres d’usage courant, souvent utilisés comme valeurs de référence ou supports de compléments d’affranchissement. Parmi les évolutions annoncées :
Pour les collectionneurs, ces données ont plusieurs implications :
Les visuels et les mises à jour techniques relatives à cette modification tarifaire seront progressivement ajoutés sur WikiTimbres. |
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Nouveau groupe : “Les cadeaux fidélité de Phil@poste et Philaposte”
Un nouveau groupe vient d’être créé sur WikiTimbres : « Les cadeaux fidélité de Phil@poste et Philaposte ». Venez collaborer, compléter, modifier et ajouter vos informations pour faire de ce groupe une référence utile à toute la communauté. Accès direct :
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Mise à jour de la recherche eBay & Delcampe
La recherche des offres eBay et Delcampe dans la rubrique « Acquérir ce timbre » vient d’être améliorée : les résultats sont désormais plus pertinents et mieux ciblés. Conseil aux vendeurs et acheteurs Un bon titre de vente doit inclure au minimum : En l’absence de texte sur le timbre : ajoutez le type, puis si nécessaire la couleur, la valeur faciale, ou toute précision utile. Des annonces bien rédigées = une recherche plus efficace pour tous. |
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Mots de recherche et numérotation Y&T : quand Internet brouille les pistes
Dans la rubrique « Acquérir ce timbre », les mots de recherche (surlignés en orange) jouent un rôle essentiel : ils servent à retrouver le même timbre que celui affiché sur la fiche, mais sur des sites d’achat externes comme eBay ou Delcampe. La question est simple : quelle requête lancer pour trouver ce timbre ? Croiser les données : une approche plus efficacePour améliorer la recherche, nous avons mis en place une solution partielle, mais efficace dans environ 60 % des cas : Cette méthode fonctionne particulièrement bien pour les timbres adhésifs, issus de carnets autoadhésif ou à visuels de faibles intérêt . Quand le visuel primePour les timbres commémoratifs, ou ceux à fort visuel (et notamment les émissions de moins de 5 ans), la numérotation Y&T devient presque inutile. Une amélioration collaborativeEnfin, n’hésitez pas à contribuer ! |