Timbre à date 1er jour
| Description | Barbey d'Aurevilly (1808-1889), écrivain, né à Saint-Sauveur-le-Vicomte |
| Commentaire |
Émis par la France en 1974 dans la série des personnages célèbres, ce timbre consacré à Jules Barbey d’Aurevilly s’inscrit dans une politique commémorative visant à mettre en valeur les grandes figures littéraires du XIXe siècle tout en ancrant l’hommage dans leur territoire d’origine. La vente anticipée organisée à Saint-Sauveur-le-Vicomte, commune normande où l’écrivain est né, souligne cette volonté de relier l’émission postale à un lieu fortement associé à la mémoire du sujet représenté, pratique fréquente dans les émissions culturelles françaises de cette période. Le timbre, assorti d’une surtaxe au profit de la Croix-Rouge française, associe ainsi reconnaissance patrimoniale et dimension de solidarité, conformément à une tradition bien établie dans la philatélie française d’après-guerre. Le choix de la taille-douce, procédé emblématique des timbres de prestige, confère au portrait une gravité et une précision adaptées à l’évocation d’un auteur dont l’œuvre, marquée par le romantisme tardif, le fantastique et une forte imprégnation religieuse, occupe une place singulière dans l’histoire littéraire. Le visuel ne se limite pas à un simple effigie : il suggère, par une composition symbolique et une expression volontairement hiératique, l’univers sombre et tourmenté des romans et nouvelles situés pour beaucoup dans les paysages normands, entre brumes, manoirs et traditions anciennes. Au moment de son émission, ce timbre participe à une redécouverte plus large de Barbey d’Aurevilly, longtemps perçu comme marginal, mais reconnu progressivement comme un écrivain majeur pour son influence sur des courants ultérieurs, notamment par l’intensité de son imaginaire et la force stylistique de ses récits. Une information souvent relevée par l’histoire littéraire, et directement liée à ce choix commémoratif, est que la parution des Diaboliques en 1874, exactement un siècle avant l’émission du timbre, avait suscité de vives controverses, rappelant combien l’œuvre de Barbey d’Aurevilly demeure associée à la transgression et à la fascination du mal, dimensions que ce timbre contribue à inscrire durablement dans la mémoire culturelle française. |
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