Émission commune France – Grèce 1992 : les Jeux olympiques d’été, de l’Antiquité à l’ère moderne 19-01-2026

L’émission commune France–Grèce de 1992 consacrée aux Jeux olympiques d’été établit un lien symbolique fort entre l’Antiquité grecque et la renaissance moderne de l’idéal olympique. Le point de départ traditionnel de l’ère olympique est fixé à l’année 776 av. J.-C., date de la première olympiade recensée, même si les Jeux célébrés à Olympie en l’honneur de Zeus sont sans doute antérieurs. Ils constituaient alors un événement majeur du monde grec, attirant des foules considérables et annoncés à travers les cités par des messagers, fonction de diffusion et de rassemblement que remplit aujourd’hui le timbre-poste, messager des temps modernes.

Les Jeux antiques étaient strictement réglementés : seuls les hommes libres grecs pouvaient y participer, à l’exclusion des esclaves, des étrangers, des criminels et des sacrilèges, tandis que les femmes mariées n’étaient pas autorisées à y assister. Le coût du voyage et du séjour à Olympie limitait de fait la participation aux catégories les plus aisées. Les compétitions se déroulaient principalement à l’hippodrome et au stade ; dans les courses de chevaux, la victoire revenait au propriétaire de la monture et non au cavalier, tandis que les athlètes concouraient nus dans les épreuves de course, à l’exception de la course armée où l’équipement du guerrier était obligatoire. Longtemps réservés aux amateurs, les Jeux évoluèrent avec la domination romaine vers une professionnalisation progressive, avant d’être abolis en 394 ap. J.-C. par l’empereur Théodose.

La renaissance des Jeux olympiques modernes intervient à la fin du XIXᵉ siècle sous l’impulsion de Pierre de Coubertin. Le Comité international olympique décide alors d’organiser cette grande manifestation sportive tous les quatre ans, renouant avec la tradition de l’olympiade. Athènes accueille en 1896 les premiers Jeux modernes, suivie de Paris en 1900, scellant durablement le rôle fondateur de la Grèce et de la France dans l’histoire olympique contemporaine.

Par l’émission conjointe de ce timbre en 1992, la France et la Grèce rappellent qu’elles furent les deux premières nations à accueillir les Jeux olympiques modernes, affirmant à travers la philatélie un héritage partagé mêlant culture, sport et universalité. Le timbre, par sa fonction symbolique et circulante, devient ainsi le relais d’une mémoire collective qui traverse les siècles, de l’Antiquité grecque à la modernité internationale.


Informations techniques

  • Date d’émission : avril 1992

  • Émission commune : France – Grèce

  • Thème : Jeux olympiques d’été

  • Dessin : Alain Rouhier

  • Impression : héliogravure

  • Format : horizontal 36 × 22 mm

  • Présentation : feuille de 50 timbres

  • Vente anticipée : 3 avril 1992 à Tours (Indre-et-Loire) et à Athènes

  • Vente générale : 6 avril 1992