Timbre : 2026 TABARIN

Description
Provenant du bloc d’un timbre à l'occasion du centenaire de la mort de Tabarin, acteur du théâtre populaire et des farces en usage au XVIIe siècle.
Commentaire

Antoine Girard, né à Verdun vers 1584, arrive à Paris avec dans ses bagages l’art appris auprès d’acrobates milanais. Il se fabrique bientôt un autre lui-même : Tabarin, valet espiègle enveloppé dans son tabarro, capable de tordre son grand chapeau en mille formes. Vers 1618, avec son frère Philippe, il installe ses tréteaux près du Pont-Neuf. Philippe joue monsieur de Mondor, savant sérieux ; Tabarin, lui, pose des questions impossibles, répond de travers et fait rire avant de vendre onguents et pommades. On imagine les pas sur les pavés, les voix des marchands, l’odeur de la Seine et cette foule qui ralentit, juste une minute... puis reste jusqu’au bout.

Le décor n’était pas choisi au hasard. Inauguré en 1607 sous Henri IV, le Pont-Neuf était alors l’un des lieux les plus animés de Paris, sans maisons sur ses côtés : un formidable carrefour pour les bateleurs. Tabarin y croise l’esprit de la commedia dell’arte, déjà familière à la cour de France depuis le XVIe siècle. Son épouse, la danseuse

romaine Vittoria Bianca, devient la rusée Francisquine ; Philippe campe aussi Rodomont, fanfaron magnifique et un peu bizzare. Chaque représentation ressemble à une conversation publique où le bon sens se fait bousculer, encore et encore, par une plaisanterie parfois grossière mais jamais endormie.

Le succès finit même par conduire la troupe devant Marie de Médicis. Puis, en 1623, les frères quittent la scène et achètent une demeure près de Sens. Leurs dialogues, publiés sans leur accord, circulent pourtant à vingt mille exemplaires. Antoine meurt le 27 novembre 1626, victime, raconte-t-on, d’un guet-apens. Ses éclats de voix ne s’éteignent pas : La Fontaine et Molière recueilleront quelque chose de cette liberté moqueuse, de cet art de faire réfléchir en riant.

Quatre siècles plus tard, Tabarin rappelle qu’une scène peut naître n’importe où, dès qu’un passant accepte de s’arrêter.

Article rédigé pour WikiTimbres

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