Timbre : 2026 CENTRE ÉCOLE DES TROUPES AÉRO-PORTÉES - PAU IDRON 1946

Description
Émission d'un bloc de deux timbres à l’occasion des 80 ans du Centre école des troupes aéroportées (CETAP).
Commentaire

Il faut une sacrée dose de confiance pour quitter un avion en parfait état de marche et se jeter dans le vide.

À Pau, cette drôle d’idée est devenue une tradition militaire vieille de quatre-vingts ans. Tout commence juste après la Seconde Guerre mondiale. Le 10 juillet 1945, les troupes aéroportées françaises sont rattachées à l’armée de Terre, mais leurs centres de formation sont encore dispersés. Il faut rassembler hommes, avions et matériel. Le Sud-Ouest s’impose : la guerre y a relativement épargné les infrastructures et, autour de Pau, le ciel offre depuis longtemps des conditions appréciées des aviateurs. Dès septembre 1945, une première promotion de parachutistes est brevetée. Pendant ce temps, le 1er régiment de chasseurs parachutistes s’entraîne à Pau et saute à Uzein depuis des Junkers 52, ces avions allemands reconnaissables entre mille et largement utilisés pendant la guerre.

Le véritable tournant arrive le 16 avril 1946. Le Centre école des troupes aéroportées, le CETAP, voit le jour entre Pau et Idron. Il rassemble notamment les structures de

Mont-de-Marsan et de Lannion. Un mois plus tard, 3 000 recrues y passent déjà avant de rejoindre la 25e division parachutiste en Afrique du Nord. On imagine l’ambiance : les moteurs, les ordres lancés sur le terrain, les bottes dans l’herbe humide et, quelque part, ce petit silence juste avant de sauter. Parce qu’au bout du compte, malgré l’entraînement, il faut bien ouvrir la porte et y aller, y aller pour de vrai.

Le 1er juin 1946 apparaît aussi le brevet militaire parachutiste. Pour le décrocher, huit sauts à ouverture automatique sont nécessaires, dans des conditions différentes. L’année suivante, le CETAP devient l’École des troupes aéroportées. Depuis, plus de 713 000 militaires ont été brevetés à Pau. Un chiffre presque difficile à imaginner : des générations entières passées par le même ciel béarnais.

Quatre-vingts ans plus tard, l’école raconte finalement autant l’histoire de l’armée française que celle d’un geste très simple et terriblement humain : avoir peur, vérifier son équipement… puis sauter quand même.

Article rédigé pour WikiTimbres

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