Timbre à date 1er jour
Conçu par : Christelle Guénot
Information
Ce timbre n'est pas encore émis, le visuel et les infos peuvent être erronés.| Description | Émission d'un carnet de 12 timbres-poste odorants sur le thème de la splendeur florale. |
| Commentaire | Particularité de ces timbres : ils ont un délicat parfum de narcisse. Un carnet de fleurs parfumées, ce n’est pas seulement une jolie idée de papeterie : c’est presque une petite revanche du sensible à l’heure où tout file vite, où les messages se tapent du bout des pouces et s’effacent parfois aussi vite qu’ils sont arrivés. Avec Splendeur florale, que La Poste met en vente le 7 septembre 2026, il y a au contraire quelque chose de très ancien qui revient doucement par la fenêtre : le plaisir d’écrire, de choisir une enveloppe, de coller un signe de beauté dans le coin supérieur, et même, ici, de laisser un parfum flotter autour. Car oui, ces douze figurines de correspondance ont une particularité assez rare : elles diffusent un délicat parfum de narcisse, comme un souvenir glissé entre deux pages. Le choix de la fleur n’a rien d’anodin. Dans l’histoire de l’art comme dans celle des jardins, elle sert depuis des siècles de langage discret. Au XVIIe siècle déjà, dans les Provinces-Unies, la fameuse “tulipomanie” avait transformé certains bulbes en trésors spéculatifs, preuve que les fleurs ne sont jamais de simples ornements. Plus près de nous, la tradition du floriographie, très en vogue au XIXe siècle, permettait d’exprimer un sentiment sans presque parler : une rose, un lys, un narcisse, et tout un message passait. Ce carnet s’inscrit un peu dans cette lignée-là, avec ses couleurs vives, ses textures foisonnantes, son atmosphère presque impressionniste. On n’est pas dans la fleur botanique bien rangée sous vitrine ; on est dans une profusion, une promenade visuelle, quelque chose de vivant, de mouvant, presque un jardin en plein mois de juin. Ce qui est assez séduisant aussi, c’est l’idée d’ensemble : les douze timbres forment comme un seul tableau quand on les regarde réunis. Ce n’est plus une suite de motifs séparés, mais une composition pensée comme un panorama, une scène continue, une sorte de bouquet éclaté en fragments. L’artiste Christelle Guénot signe ici une création imprimée en héliogravure, procédé qui reste l’un des grands classiques de l’impression des émissions françaises, justement parce qu’il permet de rendre les nuances, les matières et les dégradés avec beaucoup de finesse. Et pour un sujet floral, franchement, ça se défend plutôt bien.
Au fond, ce carnet raconte peut-être quelque chose de simple : malgré les écrans, malgré la vitesse, on continue d’aimer ce qui se touche, ce qui se garde, ce qui sent bon. Un timbre odorant, c’est presque dérisoire… et c’est justement pour ça que c’est charmant. Il suffit parfois d’un parfum de narcisse pour rappeler qu’un courrier peut encore surprendre. |
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