Timbre : 2026 ELISABETH BOSELLI

Description
Emission d'un timbre et une mini-feuille de la série Poste aérienne à l’effigie d’Elisabeth BOSELLI, première femme brevetée pilote de chasse et détentrice de plusieurs records du monde sur Mistral.
Commentaire

Tirage : 200 000 exemplaires pour la feuille de 12 TP + 18000 feuilles de 10 TP

Il y a des trajectoires qui ne montent pas en ligne droite, mais qui percent le ciel quand même. Celle d’Élisabeth Boselli ressemble à ça. Une trajectoire faite d’élan, de ruptures nettes, de retours inattendus. Et surtout d’une obstination tranquille, presque silencieuse, qui force le respect longtemps après le dernier vol.

En 1945, la France sort à peine de la guerre et tout reste à reconstruire, y compris les certitudes. Le ministre de l’Air décide alors d’ouvrir, brièvement, la formation de pilote militaire aux femmes. Une fenêtre étroite. Élisabeth Boselli s’y engouffre sans hésiter. À 31 ans, diplômée de Sciences Po, déjà pilote civile depuis plusieurs années, elle enfile l’uniforme et apprend à voler sur des machines exigeantes, dont le mythique Dewoitine D.520. En février 1946, elle devient la première Française brevetée pilote militaire de chasse. Et presque aussitôt, on lui demande de rester au sol. Les femmes ne voleront plus. Pas question pour elle d’un bureau ou d’un poste administratif. Elle est démobilisée. Fin de l’histoire ? Pas

du tout.

Elle revient. Encore. En 1952, après avoir battu plusieurs records féminins d’altitude, elle réintègre l’armée de l’Air. Cette fois, ce sont les avions à réaction, l’école de chasse de Meknès, le Mistral. En 1955, elle relie Creil à Agadir en ligne droite, plus de 2 300 kilomètres en trois heures et demie. Le genre de chiffre qui donne le vertige, même aujourd’hui. Mais Boselli ne court pas après la gloire. En Algérie, elle assure des missions de liaison et d’évacuation sanitaire, souvent dans des conditions limites. Trois citations. Des heures de vol qui s’additionnent. Une rigueur sans bruit.

Il y a quelque chose de profondément moderne dans ce parcours. Une femme qui avance, recule parfois, mais ne renonce jamais. Jusqu’à devenir, littéralement, factrice du ciel, distribuant le courrier aux troupes isolées. Quand elle quitte le service actif en 1969, elle laisse derrière elle bien plus que des records. Une trace. Discrète, solide. Et une question qui flotte encore : combien d’autres auraient pu suivre, si le ciel leur avait été ouvert plus longtemps ?

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