À quelques mois du coup d’envoi de la Coupe du Monde de Football organisée en France, La Poste accompagne l’élan national par l’émission d’un timbre commémoratif mis en vente anticipée le 28 février 1998 dans les dix villes hôtes — Bordeaux, Lens, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Paris, Saint-Denis, Saint-Étienne et Toulouse — avant sa vente générale le 2 mars 1998 dans l’ensemble des bureaux de poste. Cette émission s’inscrit pleinement dans la tradition des timbres de France consacrés aux grands événements sportifs internationaux, affirmant le rôle du timbre comme support de mémoire collective et témoin des grandes manifestations du siècle.
Dessiné et mis en page par Louis Briat, ce timbre adopte un format circulaire original, d’un diamètre de 28 mm pour le timbre dentelé (présenté graphiquement dans un cadre de 32 mm), choix formel rare dans l’histoire postale française contemporaine et particulièrement adapté au thème du football. La rotondité évoque naturellement le ballon, symbole universel de ce sport, et confère à l’émission une identité visuelle immédiatement reconnaissable. L’impression en héliogravure, procédé privilégié pour les tirages importants en polychromie, permet de restituer avec précision les dégradés et la dynamique graphique voulue par l’artiste. Tiré à 37 714 414 exemplaires, à raison de 30 timbres par feuille, ce timbre gommé répond à une large demande liée à l’ampleur nationale et internationale de l’événement.
D’une valeur faciale de 3,00 francs, il correspond au tarif de la lettre prioritaire jusqu’à 20 grammes à destination de la France métropolitaine et de la zone 1 (Europe occidentale) en vigueur au 2 mars 1998. Son usage postal courant, combiné à un tirage élevé, en fait à la fois un timbre d’affranchissement quotidien et un objet de collection emblématique de l’année 1998. Retiré de la vente le 31 décembre 1998, il s’inscrit dans le calendrier classique des émissions annuelles.
Le contexte de cette émission est celui d’une mobilisation nationale exceptionnelle. À cent jours du match d’ouverture prévu le 10 juin 1998 au Stade de France, la France prépare l’un des plus grands événements sportifs de la fin du XXe siècle. La Coupe du Monde ne constitue pas seulement une compétition internationale : elle devient un projet collectif associant institutions, mouvement sportif, associations et milliers de bénévoles, dont une part importante de jeunes de 18 à 25 ans engagés dans l’organisation. Cette dimension citoyenne et festive irrigue également la communication visuelle de l’événement, dont le timbre est l’un des vecteurs.
Sur le plan philatélique, cette émission trouve sa place parmi les séries thématiques consacrées au sport, et plus particulièrement au football, déjà présent dans les émissions françaises antérieures. Toutefois, le choix d’un timbre rond renforce son caractère distinctif au sein des timbres de France. La dentelure 13 et l’impression en héliogravure traduisent un équilibre entre exigences techniques et production de masse, typique des grandes émissions commémoratives à forte diffusion.
Au-delà de son aspect technique, ce timbre témoigne de la capacité de la philatélie à capter l’esprit d’une époque. En 1998, avant même la victoire finale de l’équipe de France, l’émission accompagne l’attente, l’enthousiasme populaire et la dimension universelle du football. Elle s’intègre ainsi à la mémoire postale d’un événement majeur, faisant de ce timbre non seulement un moyen d’affranchissement, mais aussi une trace matérielle de la Coupe du Monde organisée en France à la veille du XXIe siècle.
Article rédigé pour WikiTimbres