Les Poupées de collection à l’honneur dans la série « Le coin des collectionneurs » en 2009 26-02-2026

En octobre 2009, La Poste inscrit les poupées de collection dans sa série philatélique « Le coin des collectionneurs », affirmant une nouvelle fois son attachement à la valorisation des patrimoines affectifs et culturels à travers les timbres de France. Cette émission commémorative, mise en vente générale le 12 octobre 2009, prend la forme d’un bloc horizontal composé de six timbres, réunissant différentes figures emblématiques de l’univers des poupées françaises. L’ensemble, d’une valeur faciale totale de 3,36 €, est proposé en vente indivisible et tiré à 2 800 000 exemplaires, confirmant l’ambition patrimoniale et populaire de cette émission.

Conçu et gravé par Elsa Catelin, le bloc associe impression en taille-douce et offset, combinant finesse du trait et richesse chromatique. Le format du bloc (143 x 105 mm) accueille quatre timbres horizontaux de 40 x 26 mm et deux timbres verticaux de 26 x 40 mm, offrant une composition équilibrée où chaque timbre met en lumière une typologie distincte : poupée GéGé, poupée en porcelaine, poupée en biscuit, poupée Bella, baigneur Petitcollin ou encore poupée en chiffon. Certaines représentations s’appuient sur des photographies issues du Musée de la poupée à Paris, tandis que d’autres relèvent de créations ou de droits spécifiques liés aux fabricants. Cette diversité iconographique illustre la richesse industrielle et artistique d’un secteur qui a profondément marqué l’histoire de l’enfance.

L’émission s’inscrit dans une tradition ancienne. Les poupées, attestées dès l’Antiquité, ont traversé les civilisations, évoluant des statuettes en terre cuite retrouvées dans des contextes funéraires égyptiens aux figurines articulées de la Grèce classique. À partir du XVIIe siècle, les poupées françaises deviennent également vecteurs de diffusion de la mode, notamment avec les modèles dits « parisiennes », dotés d’yeux en verre et de vêtements élaborés. Au XIXe siècle, l’industrialisation favorise l’essor des grandes maisons telles que Jumeau, Bru, Gaultier ou Steiner, dont les productions en biscuit marquent durablement le marché européen. L’apparition du « bébé » à la fin du XIXe siècle, puis le succès des baigneurs en celluloïd au XXe siècle, traduisent l’évolution des usages et des imaginaires. L’émission de 2009 ne se limite donc pas à une évocation nostalgique : elle rend compte d’une histoire technique, sociale et industrielle.

Sur le plan postal, ce bloc s’intègre pleinement à la logique de la série « Le coin des collectionneurs », qui met régulièrement en avant des objets emblématiques du patrimoine culturel français. Le choix d’un bloc indivisible renforce la cohérence de l’ensemble : les six timbres forment une unité narrative et esthétique, valorisant la complémentarité des modèles représentés. L’association de la taille-douce et de l’offset permet de restituer les textures — porcelaine mate du biscuit, douceur du tissu, brillance du plastique — tout en conservant la précision des détails, signature du savoir-faire philatélique français.

Des oblitérations « Premier Jour » de 32 mm, conçues par Sophie Beaujard, ont accompagné la sortie de l’émission lors de ventes anticipées organisées notamment à Paris, Étains, Montbrison, Soultz, Courbevoie ou Josselin, ce dernier accueillant un Musée de la Poupée particulièrement en phase avec le thème retenu. Ces manifestations locales renforcent l’ancrage territorial de l’émission et soulignent la dimension culturelle de la philatélie contemporaine.

Dans l’histoire récente des timbres de France, cette émission de 2009 illustre la capacité de La Poste à conjuguer mémoire collective et exigence artistique. Par le choix d’une graveuse reconnue, par la qualité de l’impression et par la cohérence iconographique du bloc, elle s’adresse autant aux plangonophiles qu’aux philatélistes attachés aux thématiques patrimoniales. Les poupées, objets d’enfance devenus pièces de collection, trouvent ainsi une nouvelle forme de reconnaissance à travers le timbre, support miniature mais vecteur durable de mémoire culturelle.

Article rédigé pour WikiTimbres