À l’automne 2010, Paris accueille les Championnats du monde d’escrime dans ce lieu chargé d’histoire, construit pour l’Exposition universelle de 1900. Ce n’est pas un simple décor : c’est une scène. on imagine le froissement des vestes blanches, le cliquetis des lames, la tension presque électrique avant l’assaut. L’émission consacrée à l’événement prolonge ce moment suspendu. Elle rappelle que ces championnats ne sont pas nés d’hier : en 1913, la Fédération Internationale d’Escrime voit le jour, posant les bases d’une organisation mondiale. Et dès 1937, Paris accueillait déjà les Mondiaux. Comme un retour aux sources, en somme.
L’escrime, ce n’est pas qu’un duel élégant. C’est un sport ancien, issu des traditions martiales européennes, structuré autour de trois armes : le fleuret, l’épée et le sabre. Trois manières d’attaquer, trois manières de penser le combat. Sur la piste, le temps se contracte. Une fraction de seconde décide tout. Mais derrière la précision du geste, il y a des années d’entraînement, de discipline, de patience. Beaucoup de patience. La reconnaissance des femmes dans les compétitions internationales a elle aussi été un combat, progressif, parfois lent, parfois lent encore, jusqu’à une véritable parité aux Jeux olympiques au début du XXIe siècle.
En 2010, le monde entier se retrouve donc à Paris, près d’un siècle après les premiers grands rendez-vous internationaux. Plus de soixante-dix ans d’histoire mondiale séparent les premières éditions de cette nouvelle rencontre sous la verrière. L’escrime a évolué : équipements sécurisés, arbitrage électronique, mondialisation des talents. Mais l’essentiel demeure. Deux silhouettes face à face. Un salut. Puis l’élan.
Ce sport parle d’honneur, de stratégie, d’intelligence du corps. Il évoque aussi une certaine idée de la France, celle des salles d’armes, des maîtres exigeants et des champions discrets. Peut-être que, dans le fond, chaque assaut raconte la même chose : apprendre à toucher sans se perdre soi-même.
Article rédigé pour WikiTimbres