Émis le 31 mai 1999 à l’occasion du Congrès mondial des roses anciennes, le bloc-feuillet « Roses anciennes » s’inscrit dans une tradition philatélique française attentive à la nature, à la flore et à la valorisation du patrimoine horticole, tout en affirmant une ambition artistique marquée. Cette émission, composée de trois timbres réunis en un bloc vertical de 110 × 160 mm, met en lumière des variétés de roses dites anciennes, c’est-à-dire antérieures aux grandes hybridations modernes du XIXe siècle, dont la richesse formelle et la subtilité chromatique ont profondément influencé l’histoire des jardins européens. Le choix de ce thème répond à un double enjeu : célébrer une fleur universellement reconnue comme symbole de beauté et de raffinement, tout en rappelant l’importance patrimoniale et culturelle des rosiers anciens, longtemps cultivés avant l’essor de la rose moderne remontante. L’œuvre artistique est confiée à Christian Broutin, dont le dessin privilégie une approche sensible et naturaliste, tandis que la mise en page de Charles Bridoux assure l’équilibre visuel de l’ensemble, permettant à chaque timbre de conserver son autonomie tout en s’inscrivant dans une composition cohérente. L’impression en héliogravure, technique particulièrement adaptée aux sujets floraux, restitue avec finesse les dégradés de vert, de rose, de rouge, d’ivoire, de gris et de jaune, offrant une profondeur visuelle qui évoque à la fois la texture des pétales et la délicatesse des nuances végétales. Chaque timbre adopte un format vertical de 26 × 36 mm, dimension classique qui favorise la lisibilité du motif floral, tandis que la présentation en bloc-feuillet confère à l’émission une dimension commémorative affirmée, renforcée par une valeur faciale globale de 12 francs. La vente anticipée, organisée à Lyon à la fin du mois de mai 1999, s’inscrit logiquement dans le cadre du congrès international consacré aux roses anciennes, ancrant l’émission dans un événement horticole de portée mondiale et soulignant le rôle de la philatélie comme vecteur de diffusion culturelle. Sur le plan symbolique, la rose occupe une place singulière dans l’histoire occidentale : célébrée depuis l’Antiquité par les poètes, les peintres et les écrivains, elle incarne tour à tour l’amour, la beauté, la fragilité ou encore le passage du temps. Les roses anciennes, en particulier, se distinguent par leurs formes souvent pleines, leurs parfums marqués et leur palette chromatique subtile, héritage de siècles de sélection empirique avant l’avènement des méthodes modernes d’hybridation. En choisissant de représenter ces variétés, La Poste s’inscrit dans une démarche patrimoniale, rappelant que l’horticulture n’est pas seulement un domaine technique, mais aussi un art vivant, façonné par les pratiques sociales, les échanges culturels et les goûts esthétiques d’une époque. Philatéliquement, le bloc-feuillet « Roses anciennes » appartient à la catégorie des blocs à numérotation spécifique, ce qui accentue son attractivité auprès des collectionneurs et lui confère un statut particulier dans les émissions de la fin du XXe siècle. Cette présentation répond à une logique déjà bien établie dans les années 1990 : proposer des ensembles cohérents, à forte valeur artistique, destinés autant à la collection qu’à la mise en valeur thématique dans les albums. Le retrait de la vente en mars 2000, moins d’un an après l’émission, renforce encore son caractère limité et contribue à sa reconnaissance comme pièce marquante de l’année philatélique 1999. Au-delà de son intérêt esthétique, ce bloc-feuillet dialogue avec une longue série de timbres consacrés à la flore, à la nature et aux jardins, confirmant l’attention portée par la philatélie française aux sujets botaniques, souvent traités avec une exigence artistique élevée. Il rappelle également que la rose, au-delà de son usage ornemental et commercial, est un témoin de l’histoire des pratiques agricoles et horticoles, résultat de transformations progressives, d’échanges internationaux et d’un savoir-faire transmis sur plusieurs générations. En réunissant art, botanique et mémoire culturelle, l’émission « Roses anciennes » illustre parfaitement la capacité du timbre-poste à dépasser sa fonction utilitaire pour devenir un support de transmission patrimoniale, offrant au regard du collectionneur comme à celui du simple amateur une synthèse élégante entre nature et création humaine. Article rédigé pour WikiTimbres




